25 08 - 07-09 Voyage itinérant par l'Eurovélo 6

Voyage itinérant 2013 : Entre Bourgogne et Bavière                                              Bernard Perriot  

 

En 2012, nous avions commencé l’exploration de l’Eurovélo 6, itinéraire cyclable reliant l’Atlantique à la Mer Noire, avec un parcours entre l’Allemagne et l’Autriche.

Cette année, ce sera France-Allemagne, entre Le Creusot (Saône-et-Loire) et Neuburg am Donau, en Bavière.

1000 km en 13 jours, avec assez peu de relief, sauf exception : Cela nous laissera le temps de nombreuses pauses-visites, sans oublier la pause déjeuner, cérémonie parfaitement ordonnée par la commission intendance du voyage.

Débarquant le 25 Août à 9 h du TGV, en gare du Creusot, nous enfourchons nos vélos arrivés pile-poil dans le camion piloté depuis la Seine-et-Marne par Pierrot Limosin. Un peu endormis, la fraîcheur nous réveille…

1ère étape : Chalon-sur-Saône

Après une piste cyclable d’autant plus reposante que nous descendons le long du canal du Centre, quelques bonnes côtes nous rappellent que nous sommes en Bourgogne. Quelques panneaux fort agréables également : Rully, Mercurey, Givry etc. Chalon est une grande ville, que l’on effleure parfois par l’autoroute A6, mais son centre ancien est pourtant à voir.

2ème  étape : Dole

Nous allons aborder le Jura, mais pas de panique, le nord du département n’évoque pas le moindre « Brevet Montagnard », car ce sont des plaines. D’ailleurs, nous longeons la Saône, le Doubs, puis ce sera le canal du Rhône au Rhin. Que d’eau ! Et comme si cela ne suffisait pas, la pluie arrive, fine mais pénétrante. Elle a la bonne idée de cesser pour midi, nous profitons de la terrasse abritée d’un café accueillant. Nous rencontrerons beaucoup de cyclos sur cet itinéraire, de toutes nationalités, équipés pour certains de vélos robustes et parfois bien chargés, car ils traversent une bonne partie de l’Europe. Les remorques, à une ou deux roues, permettent d’éviter la charge excessive du vélo (ou du tandem)

3ème étape : Besançon

Et 3ème département, le Doubs. Nous quittons la piste longeant le Doubs pour une visite des « Salines » d’Arc-et-Senans, folie industrielle des souverains du 18ème siècle : Extraire le sel des sources d’eau salée, par chauffage, et bien sûr percevoir l’impôt correspondant, la « Gabelle ».

Remarque : Non seulement les rivières et les canaux sont longés par d’excellentes pistes cyclables, mais on en trouve encore une en pleine forêt, le long d’une départementale pourtant peu chargée. Et pourquoi pas en Ile-de-France ?

Arrivée à Besançon par piste cyclable, au pied de l’énorme citadelle dominant la ville, mais les travaux dantesques (Tramway) et la densité du centre ville rendra le stationnement de notre camion problématique. Ville imposante, dont les quais sur le Doubs m’ont rappelé l’Ile St Louis à Paris.

4ème étape : Montbéliard

Nous suivons le Doubs, en le remontant, mais c’est encore une rivière de plaine, donc çà roule ! En principe, car le crochet vers la jolie ville de Baume-les-Dames occasionne quelques bruits de dérailleurs. Et l’arrivée à Montbéliard s’effectue par piste cyclable, certes, mais avec des passages…difficiles. Beaucoup de Peugeot dans les rues : Sochaux est juste à côté, d’ailleurs nous longerons les usines demain matin en repartant. Château imposant, maisons de grès rose ou façades peintes : Nous approchons de l’Alsace.

5ème étape : Ottmarsheim

Mais avant l’Alsace, voici un bien petit département : le Territoire de Belfort (90), vite traversé, avant de rejoindre le Haut-Rhin, en suivant encore le canal de Rhône au Rhin. Celui-ci ne voit plus guère passer que des bateaux de plaisance, on y trouve aussi d’anciennes péniches transformées en habitations plus ou moins fixes. Le pique-nique est effectué chez les enfants de Régine et Siddné Decaix, qui nous offrent leur terrasse ombragée (et une bière fraîche), car le soleil tape dur maintenant. La visite de Mulhouse, capitale de Sud de l’Alsace, est agrémentée par la recherche d’un vélociste, suite à casse de quelques rayons : Mission accomplie. Nous atteignons Ottmarsheim, en vue du Rhin et de la frontière (quelle frontière ?) allemande.

6ème étape : Rheinfelden (Allemagne)

Avant le départ, visite de la curieuse église d’Ottmarsheim, âgée de presque mille ans, de forme octogonale, et décorée de fresques, agrémentée par les commentaires du prêtre qui passait par là. Nous sommes bien en Alsace : Les maisons semblent participer à un concours de couleurs. Nous suivons maintenant le Rhin et l’imposant canal d’Alsace, sur des pistes cyclables d’une largeur inimaginable chez nous. L’arrivée à Bâle nous rappelle que 3 pays (France, Allemagne, Suisse) s’y rencontrent, d’où la présence de nœuds ferroviaires, routiers, cyclistes, de tram…etc. Mais on s’en est sortis ! Ville de contrastes : Arrivés par l’énorme zone d’industries chimiques, nous passons par les superbes rives du Rhin bordées d’innombrables terrasses de cafés-restaurants, et nous montons visiter la ville ancienne autour de la cathédrale toute rose au soleil de l’après-midi. Ce soir, la petite ville de Rheinfelden est en fête, en particulier la rue de notre hôtel où se tient une « Trottoir-Fest » : La bière coule à flots, et les occupants des chambres mal situées vont peu dormir…

7ème étape : Hohentengen

Maintenant, c’est très simple, nous suivons le Rhin, toujours sur piste cyclable bien sûr. Mais contrairement au parcours français, une partie de l’Eurovélo 6 en Allemagne n’est pas toujours bitumée. Il s’git d‘un revêtement de grave, très lumineux au soleil, avec un gravillonnage fin qui nous surprend un peu, mais sauf exception (travaux) l’assise est bonne. Les autres cyclistes, tous équipés de vélos de randonnée « lourds » avec des pneus doubles des nôtres, nous regardent avec étonnement. Mais nos pneus de 23 ne crèveront pas spécialement sur ces revêtements. Le Rhin constitue la frontière avec la Suisse, il suffit d’emprunter un pont pour s’y rendre. Nous le ferons par le superbe pont de Bad-Sâckingen, entièrement en bois, couvert, caractéristique de la région. Mais guère de changement d’aspect entre ces 2 rives germaniques… Ah si ! Côté suisse, les prix sont en Francs. Tiens ! Une centrale nucléaire (en fonctionnement), c’est La centrale nucléaire suisse.

Le soir, charmant hôtel-auberge dans les bois, au bord du Rhin.

8ème étape : Radolfzell

La remontée du Rhin se poursuit, en pente douce, sauf exception, comme à Shaffausen, devant les célèbres « Chutes du Rhin ». Même lorsque nous quittons le bord du Rhin, nous bénéficions de routes réservées aux vélos, le rêve… Mais la réalité nous rattrape sous la forme d’une brutale pluie d’orage, courte mais intense. Après s’être réfugiés à l’abri d’un pont nous irons nous réchauffer dans une pizzeria bienvenue. Et le soleil revenu nous séchera vite. Nous ne cessons pas traverser la frontière entre l’Allemagne et la Suisse, tellement elle fait de détours à l’approche du Lac de Constance. Ce qui nous permet de visiter la jolie ville suisse de Stein-am-Rhein.

9ème étape : Beuron

Inge, collègue allemande de Geneviève Leguay, nous offre le café chez elle, puis nous conduit sur les rives du lac. Au passage, nous admirons un magasin de vélos d’une surface énorme, mais pas si étonnante quand on constate la circulation cycliste dans ce pays.

Mais finie la plaisanterie, il faut quitter la vallée du Rhin (qui montait), pour rejoindre celle du Danube (qui descend): Entre les deux, un magnifique paysage de « collines », mais à de plus de 800 m d’altitude : Vivent les petits braquets ! Nous rejoignons le Danube à Tuttlingen, ah, toujours de jolis ponts de bois. Ici, le Danube est encore proche de sa source, et rappelle plus le Morin que le grand fleuve qu’il sera en aval ! Mais il circule parfois dans des gorges impressionnantes.

Nous croisons beaucoup de lignes de chemins de fer (pas abandonnées, et en excellent état, suivez mon regard) sur lesquelles roulent des quantités de trains régionaux.

10ème étape : Riedlingen

Le Danube emprunte à nouveau une vallée étroite, il fait donc frais ce matin en attendant le soleil. Nous passons à Sigmaringen, jolie petite ville également dominée par un énorme château, et en fête aujourd’hui (C’est souvent la fête, dans ce pays soit-disant travailleur…) La piste se resserre parfois, ressemblant presque à un sentier en sous-bois, mais c’est toujours roulant. Nous rencontrons des vélos plus que chargés, mais pour eux aussi (plus jeunes…) çà roule.

Le soir, nous sommes tous raisonnables, une seule bière (mais attention,un « demi » c’est 1/2 L…) ce qui n’est pas le cas des cyclos locaux, excellents « descendeurs »

11ème étape : Ulm

La descente du Danube se poursuit tranquillement, à part une petite « bosse » estimée à 20%, montée à pied, c’était plus prudent. Nous traversons à nouveau de belles bourgades ; rencontre rare dans une rue : Un ralentisseur, le seul vu lors de ce parcours de près de 600 km en Allemagne : Pourquoi en faut-il de telles quantités en France ?

La tour de la cathédrale d’Ulm se profile à l’Horizon, comme à l’approche de Strasbourg : Gigantesque construction gothique, dont la flèche dépasse les 160 m. Nous quittons le Bade-Wurtemberg, nous sommes en Bavière. Il fait bien chaud, et nous avons du temps : Ce sera une pause-glace sur une des innombrables terrasses. La vieille ville rappelle également les cités alsaciennes.

12ème étape : Dillingen

Et c’est reparti sur nos pistes habituelles, soit le long du Danube qui commence à s’élargir, soit en pleine nature. Le Sud de l’Allemagne est fortement consacré à l’élevage, on ne peut s’y tromper, rien qu’à…l’odeur de « campagne » ! On voit également, dans les grosses fermes, des installations de production de « biogaz » (méthane). D’autre part, tous les bâtiments agricoles, même les plus grands, sont revêtus de panneaux photovoltaïques, comme bon nombre de maisons, d’ailleurs. Et là-bas, tiens ! Une centrale nucléaire… En fonctionnement…Le centre de Dillingen, outre l’inévitable château, comporte de nombreux établissements religieux : Nous y rencontrerons 2 religieuses… à vélo.

13ème (et dernière) étape : Neuburg

Le long du Danube apparaissent les Points Kilométriques, décroissants : Ici nous sommes à 2536 km de l’embouchure du fleuve, on ira une autre fois ! Nous rejoignons notre itinéraire 2012, qui venait de Münich, et cette fois le Danube commence à prendre de la largeur. Le soleil est toujours bien présent, nous avons décidé de remplacer le pique-nique habituel par une terrasse ombragée et sa bière réglementaire.

Et c’est l’arrivée à Neuburg en fin d’après-midi, après 900 km de vélo en moyenne (compte tenu des demi-journées de conduite du camion à tour de rôle.

 

Beau voyage itinérant, presqu’entièrement sous le soleil, admirablement préparé par Jacques, secondé par Patrick, cartographe en chef et bien utile interprète.

Nous avons beaucoup pensé à notre 12ème compagnon manquant, Jacky, qui s’était pourtant bien préparé, mais que ses ennuis de santé n’ont pas permis de se joindre à nous. Reviens vite !

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