Brevet Cyclo montagnard en Vercors

Week-end en Vercors – 1er et 2 juin 2013


Comme plus de 1000 cyclos, nous avons choisi les Alpes en cette année 2013. Après les Vosges en 2011 et le Jura en 2012, nous poursuivons notre chasse au Brevet Cyclo-Montagnard Français (BCMF).

C’est donc à 13 que nous nous retrouvons à Romans-sur-Isère ce matin du samedi 1er juin au Champ de la Foire pour valider nos inscriptions bien préparées par Jacques Pépin et Bernard Pommeraud. La 1ère journée étant présumée assez courte (92 km) et craignant la foule à l’enregistrement dès l’ouverture, nous pointons vers 10h et démarrons vers le nord un peu plus tard.


Le temps est frais, le vent du nord fort et le peloton s’égrène tout au long de la route légèrement montante. Nous sommes accompagnés par Jean-Yves Bourgeois, président du CODEP 77, reçu chez son homologue de la Drôme, rencontrée lors de « Toutes à Paris ». De très nombreuses noyeraies agrémentent le chemin jusqu’au col de la Madeleine (l’autre, heureusement !), hors d’œuvre facilement digéré. Puis une descente progressive vers le sud-est nous fait traverser Saint-Antoine l’Abbaye surmontée par une imposante église à la façade gothique flamboyant. Nous enjambons la N92, l’A49, l’Isère et la N532 pour commencer les choses sérieuses !


Il s’agit du col de Croix Bernard, une montée de 10 km avec une dénivelée de plus de 700m. C’est de la vraie montagne avec ses virages, ses villages isolés et ses pâturages verdoyants. Un arrêt à Saint-Pierre-de-Chérennes nous permet de souffler. Nous sommes 4 : Alain Garnotel, Jean-Yves, Nicolas en électron libre et moi. Nos autres petits camarades, bien rodés, ont continué vaillamment depuis un  moment. Juste après le sommet, nous basculons vers Presles, 1er contrôle, après 62 km, où un ravitaillement copieux et convivial nous accueille dans une salle bien chaude. En principe, il ne nous reste que 30 km, mais on apprend que notre point de rendez-vous de fin d’étape est dans un gîte situé à 12 km et un col plus loin que La Chapelle-en-Vercors : au moment de repartir, cela nous préoccupe un peu. Mais, sitôt repartis pour la descente, nous arrivons sur les falaises de Presles, site impressionnant de beauté malgré le temps gris, où la route, en surplomb, accrochée aux rochers, serpente en lacets vers Choranche-les-Bains. Sans avoir donné un coup de pédale, nous atteignons le col de Toutes-Aures, où nous stoppons pour quelques photos.


Dès le village traversé, nous remontons les Gorges de la Bourne, autre haut lieu pittoresque. Peu à peu, nous arrivons au niveau du torrent tumultueux. Nous changeons de rive au Pont de la Goule Noire. La route s’élève toujours vers Saint-Martin-en-Vercors où nous laissons Jean-Yves,  car son gite se situe là, un peu avant la Chapelle-en-Vercors. Pour y arriver, les organisateurs nous gratifient d’une petite vicinale en lacets au profil bien marqué. Nous arrivons au contrôle à 18h05, mais nos hôtes se préoccupent davantage de ranger que de nous accueillir. L’heure limite étant de 18h30, nous avons trouvé le procédé irrespectueux. Vite expédiés, nous voilà repartis dans la grisaille, vers le col du Proncet, culminant à 1100m. Alain, en parfait gestionnaire de son potentiel, monte quelques décamètres à pied pour calmer le cardio. Ceci me permet de souffler et, peu après le sommet, nous bifurquons sur la gauche pour atteindre notre gîte du Pré vers 19h10, après finalement 111 km. Nous arrivons juste pour le dîner pour lequel une bonne quarantaine de cyclos a pris place, parmi lesquels nos camarades de Saint-Pathus.


Le programme de la soirée est tout trouvé après un repas copieux et très convivial : douche pour nous et coucher, dans une chambre  à 6 lits superposés. Pas un ronflement, mais le sommeil sera inégal pour les uns et les autres. Après le petit-déjeuner, nous remercions nos hôtes et c’est le 2ème jour.


Dès le départ, nous constatons la violence du vent du nord en voyant la vitesse à laquelle les nuages noirs sont propulsés ; cela n’annonce rien de bon. Nous passons immédiatement à Vassieux-en-Vercors où nous longeons la nécropole : triste rappel de l’héroïsme de ceux qui nous ont précédés. Légère montée pour arriver au col de Saint-Alexis, suffisant pour faire les écarts avec nos coéquipiers, et qui précède de peu le col de Rousset et son tunnel. Nous faisons pointer nos cartes BCN et BPF à l’hôtel du site.


Au débouché côté sud, double surprise : émerveillement devant l’immensité de la vallée qui s’étale vers Die et violence du vent tourbillonnant qui ponctue l’enchaînement des lacets. Nous sommes obligés d’être très prudents pour virer et contrôler les écarts, et cela d’autant plus qu’une longue file de motards helvétiques nous double dans un vacarme assourdissant. Heureusement, le spectacle est grandiose avec une variation nuages soleil continuelle. Alain crève de l’avant, ce qui nous repose un peu. Nous descendons d’environ 800m pour atteindre Die, notre point le plus au sud, où un bar-boulangerie fait un tabac ( !) avec les cyclos. C’est le seul moment de ces 2 jours où nous aurons l’impression de timide chaleur : un peu de soleil nous semble bon.


Mais les choses sérieuses continuent. Vers l’ouest, une série de petites routes tortueuses nous conduit dans un paysage de petite montagne à la végétation rabougrie et tordue. C’est d’abord le col de Marignac et ses 743m où nous rencontrons un cyclo sur vélo couché. D’après lui, l’accoutumance à un tel engin demande au moins 2000 km car il faut passer ce cap avant d’apprécier l’agrément et la fin du mal de dos.


Nous enchaînons par le col de la Croix, le bien nommé, qui culmine à 745 m. La montée est coriace, dans les massifs rocailleux. Alain reste prudent et ménage sa carcasse. Au sommet, autre rencontre : une jeune femme, un peu essoufflée, trouve cette randonnée difficile ; je la rassure sur son appréciation et elle me dit qu’elle est partie ce matin de Romans à 5h00. Nous sommes au km 157 : pas mal ! Il est midi…


Une bonne descente nous amène à Beaufort-sur-Gervanne, point de contôle. Le temps est de nouveau gris, frais, venteux. Certains de nos camarades MCT sont partis depuis peu. Le pique-nique est copieux sous le ramage des platanes, mais la température est telle que le plaisir est relatif. Ce qui nous attend nous attriste déjà (ça ne devrait pas !) : le col de Bacchus et sa dénivelée de plus de 600 m, vent de face en ligne droite sans arbres protecteurs, après quelques lacets initiaux. Mais le paysage est agréable : nous passons sous les rochers du Vellan, promontoire surmonté d’une croix. Le col, enfin, suivi d’une descente peu prononcée où il faut pédaler. Nous arrivons au dernier contrôle de Léoncel où café et vin chaud sont les bienvenus, les plus frigorifiés étant nos hôtes.


Nous repartons vers la dernière difficulté, le col de Tourniol et ses 1145m. Courte montée de 3,5 km, presqu’agréable malgré le brouillard épais : la forêt de petits chênes et le changement de direction nous protègent du vent. Au sommet, autre rencontre d’un seigneur de la route : un participant du dernier Pékin-Londres (14 000km en 5 mois), chapeau, Monsieur !


Enfin, la descente terminale, 1000m de dénivelée. D’abord, une série de belles épingles dans les bois au travers desquels une vision étonnante, après le brouillard, apparaît : la plaine de Romans, dans un halo de soleil, brille derrière nos nuages tristes et noirs. Puis après Barbières, un très long faux-plat descendant où un peu de grand braquet fait du bien. Nous touchons le but ; après quelques virages dans la zone industrielle, voilà le Champ de la Foire salvateur. C’est fait : 236 km, 4000 m de dénivelée et 14h de selle. Nous faisons valider notre BCMF pour les Alpes. Encore 2 massifs (Massif central et Pyrénées) pour obtenir le précieux carton bleu.


Rentrés à l’hôtel, nous nous retrouvons, conscients d’avoir réussi un bon truc. Une joie simple qui ne nécessite guère de discours, mais qui nous fait déjà beaucoup parler.  Et… chapeau Alain !


Avec 10 cols nouveaux franchis ce week-end, Nicolas peut maintenant adhérer au club des Cent Cols  (108 dont 7 plus de 2000m).


D’autres aventures sont en vue ; un voyage itinérant dans les Pyrénées courant juin, une autre cyclo-montagnarde près d’Annecy le 7 juillet vont montrer nos couleurs d’ici peu. La cathédrale de Meaux n’a pas fini d’éclairer les routes d’ici et d’ailleurs…

 

                                                                                                                               J. Leguay
ce site a été créé sur www.quomodo.com