Voyage itinérant de Châlons s/ Saône
Du 3 au 12 septembre 2019
 
 
L’Eurovélo 17 ou ViaRhôna   relie le lac Léman au delta du Rhône et se prolonge jusqu’à Sète.
 
Partant de Châlons, nous allons filer vers la Bresse, éviter Lyon par l’est et rejoindre la véloroute à Vienne.
 
Mais on ne peut passer sous silence les incidents qui ont émaillé notre voyage aller.
 
Acte 1 : train Meaux-Paris-Est : RAS
 
Acte 2 : problèmes dans le métro : une personne tombée sur la voie à une station occasionne un retard sur la ligne.
Puis dans notre rame, nous sommes alertés par les pleurs d’une petite fille. Son papa est totalement inconscient. Patrick actionne le signal d’alarme et Catherine gifle l’homme qui revient enfin à lui. Il descend accompagné de ses deux fillettes et du service des secours.
 
Acte 3 : gare de Bercy : notre train pour Châlons n’est pas affiché. Il est annulé toute la semaine en raison de travaux. Inquiétude au sujet de notre horaire.
Solution adoptée : Paris-Dijon en TGV depuis la gare de Lyon puis TER jusqu’à Châlons. Ouf !
 
Acte 4 : arrivée à Châlons avec seulement 1 heure de retard. On retrouve les 3 conducteurs du véhicule.
 
Nous rallions Tournus situé à 41 Km. Notre hôtel se situe sur la D 906, ancienne N6 où se succèdent de nombreux poids lourds bruyants. Néanmoins, il règne dans les chambres un silence quasi monacal grâce à une triple isolation des fenêtres.
La visite de l’église St Philibert nous permet d’admirer les piliers massifs de la nef, le reste du cloître, son clocher du 12éme siècle. Cette abbatiale fête cette année le millénaire de sa consécration.
 
Peu après Tournus, rencontre programmée avec un groupe de 9 cyclotouristes dont l’un d’eux habite Coulommiers. Ils randonnent en boucle durant 4 jours dans la région.
 
Pont-de-Veyle nous accueille pour notre pique-nique dans un square fleuri et ensoleillé.
 
A St Trivier, une maison en torchis et colombages annonce la Bresse ainsi que de nombreux champs de maïs, nourriture des célèbres volailles.
 
Un des plus beaux villages de France, cité médiévale ayant conservé toute son authenticité, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire Pérouges, situé au sommet d’une colline.  Ses vieilles demeures du 15ème et 16ème siècle, ses ruelles étroites revêtues de galets, ses escaliers tortueux nous plongent en plein Moyen-Age.
La restauration des maisons doit être soumise à d’importantes contraintes. Qu’en est-il de leur intérieur ?  Nous remarquons que les toits sont dépourvus d’antennes-télés.
 
Cette région possède décidemment un riche patrimoine. A Crémieu, on découvre un château du 12ème siècle, des portes fortifiées, un couvent, un cloître et une majestueuse halle datant de 1434 d’après les analyses du bois de charpente.
 
Jusqu’à maintenant, peu de pistes cyclables, mais de jolies routes forestières avec de belles montées qui parfois obligent certains et certaines à mettre pied à terre.
 
Après avoir ainsi contourné Lyon, traversé Vienne, nous atteignons le Rhône où la ViaRhôna nous offre une certaine sécurité.
Les bateaux de croisière et le transport fluvial nous évoquent le Danube. Les pentes ensoleillées du Haut –Vivarais sont plantés de vignobles.
Une jolie piste serpente dans les bois ou longe au plus près le Rhône, peut-être inondable en cas de crue. Mais prudence ! Dans un virage, une suite de gyropodes croise notre groupe. (Çà c’est du sport !). Plus loin, la piste emprunte une passerelle rose bonbon. Sur la rive en face, un village se reflète dans le fleuve. Bref, le parcours n’est jamais monotone. Cerise sur le gâteau, nous profitons du mistral gagnant qui nous pousse depuis Vienne.
 
Tout le long du Rhône, plusieurs ouvrages hydroélectriques sont édifiés dont le gestionnaire, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) serait le premier producteur français d’électricité renouvelable. Mais c’est aussi un partenaire important qui a contribué à la réalisation de la ViaRhôna
 
A Valence, il ne faut pas manquer la superbe esplanade du Champs-de-Mars, son panorama et son kiosque Peynet, rendu célèbre par le dessinateur des Amoureux.
 
Un château en ruine à Cruas, ainsi qu’une immense carrière dominent la Centrale nucléaire flanquée d’une éolienne. Paradoxal, mais d’actualité.
 
Il nous faut quelquefois traverser le fleuve ou ses affluents sur des ponts suspendus, dits ponts de singe, qui tanguent un peu sous nos pas. La passerelle himalayenne en inox de Rochemaure qui franchit le bras ancien du Rhône est particulièrement impressionnante.  Ames sensibles au vertige, regardez droit devant.
 
Une longue piste rectiligne longe le Rhône canalisé et nous mène jusqu’à la Centrale hydraulique CNR de Châteauneuf du Rhône où nous pique-niquons non loin de là, accompagnés d’un fort mistral très froid.
 
Avignon, ville phare de la ViaRhôna nous accueille sous un ciel un peu voilé. La ville regorge de touristes. Imaginons la haute saison et la période des festivals !
Lorsque nous entrons dans la cité, c’est le pont St Bénézet et sa chapelle St Nicolas qui s’offre à nos yeux avec en toile de fond le Mont Ventoux.
Célèbre par sa comptine, la légende dit qu’il fut construit en 1177 grâce à un jeune berger Bénézet qui aurait été investi d’une mission divine.
Le Palais des Papes, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, édifié au 14ème siècle, ceinturé de remparts médiévaux est la plus vaste des constructions gothiques du Moyen-Age. Les Papes y régnèrent jusqu’en 1791.
Place de l’Horloge, des toits de l’Hôtel de Ville (19ème s) émerge un beffroi portant une horloge où un couple de Jacquemart égrène les heures.
 
Lors de la visite d’Avignon, le mistral s’était calmé. Et le lendemain, imperméables indispensables. La pluie heureusement n’est pas très intense. Elle cesse dans la matinée pour recommencer à la fin de l’étape. Ce fut la seule journée arrosée du voyage avec tout de même 4 crevaisons.
 
C’est l’art gallo-romain qui prédomine à Arles, capitale de la Camargue, capitale du riz.
Le Théâtre antique (1er siècle avant J-C) mesure de 100 mètres de diamètre et pouvait accueillir 7000 spectateurs. Il a beaucoup souffert des épreuves du temps, mais fut dévasté également par les hommes qui l’ont utilisé comme carrière.
Nous faisons le tour des Arènes (1er siècle après J-C) dont la façade est constituée de deux niveaux de 60 arcades en plein cintre.
Le portail de l’église St Trophime est un chef d’œuvre de l’art roman provençal.  Ce serait sacrilège de dire que les sculptures relatant des évènements religieux sont les ancêtres des BD !
De nombreux artistes ont trouvé l’inspiration dans la ville : Van Gogh, Picasso. . .
Arles est la plus grande commune de France (77 000 ha).
 
La façade de l’abbatiale de St Gilles n’a rien à envier à celle de St Trophime. Jamais achevé, un clocher abattu, ce monument a conservé 3 portails sur toute sa largeur.
 
Avec ses 56 000ha, la Camargue, parc naturel régional, située dans le delta du Rhône, apparaît comme une immense zone de marécages, d’étangs, plantée de roseaux à l’infini. Paysage quelque peu monotone mais caractéristique. Nous avons traversé des rizières qui ont laissé la place aux taureaux noirs aux cornes en lyre groupés en manades. La race camarguaise est destinée aux spectacles, aux arènes et aussi à la viande AOP.
Le cheval blanc symbolise la Camargue ; rustique il aime vivre parmi les roseaux et se prête bien aux balades.  Nous avons regretté de ne pas avoir vu l’ombre d’un gardian.
Attention au féminin « gardiane » qui désigne une daube de taureau. Un vrai délice si la viande est tendre et pas trop parfumée.
Nous l’attendions impatiemment le fascinant flamant rose emblème de la Camargue. Nous n’avons vu qu’une colonie au loin et sans envol.
 
L’église-forteresse des Saintes Maries-de-la-Mer est le témoin des pèlerinages des Gitans qui vénèrent deux Maries : Marie Jacobé, sœur de la Vierge et Marie Salomé, mère de plusieurs apôtres. Quant à nous, nous pouvons enfin savourer le plaisir d’arriver à la mer, la Grande Bleue et d’y pique-niquer.
 
Le Petit Rhône est traversé grâce à un bac, l’embouchure du Grand Rhône se situant plus à l’est, à Port St Louis.
 
Un magnifique panorama récompense les plus courageux qui gravissent les 66 marches de la Tour Carbonnière à quelques encablures d’Aigues-Mortes.
 
Aigues-Mortes (les Eaux Mortes), ceinturée de remparts crénelés remarquables admirablement conservés, construits sous St Louis et son fils fut un port destiné au départ d’une croisade vers la Palestine.
 
La ViaRhôna se prolonge en terre languedocienne jusqu’à Sète dans le but de rejoindre le canal du Midi ou canal des 2 Mers.
 
A partir du Grau du Roi, les villes touristiques du littoral se succèdent pratiquement sans interruption. La Grande Motte est particulièrement compliquée à traverser.
 
A Palavas-les-Flots, un télésiège permet aux piétons de traverser le canal du Rhône à Sète.
 
L’arrivée à Sète se faisant par le nord, il nous faut traverser une zone portuaire sans grand intérêt avant de rejoindre notre dernière étape à l’hôtel Azur, face au Canal Royal.
 
Notre retour se fera par le train à partir de Montpellier où nous retrouvons ses trams décorés. Celui qui devait nous emmener à la gare TGV excentrée ne prit pas le départ : malaise d’un voyageur. Bis-repetita.
 
Nos albums-souvenirs se sont encore enrichis cette année ou plutôt nos clés USB pour être « in ».
 
Merci à Jacques qui organise ces voyages qui deviennent une véritable addiction.
 
Quelques chiffres :
10 jours de vélo
716 km parcourus
3 034 m de dénivelée positive
421 m altitude maximum atteinte
13 cyclos composaient notre groupe
10 crevaisons quand même