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Samedi, réveil à 10h c'est pas banal pour moi mais bon j'ai fait ma petite nuit après mon périple de 300km.
Eh oui, je me suis lancé le défi de faire la tournée des Grands Ducs Gravel ayant lieu hier, vendredi 17 septembre. 
Le défi : parcourir 300km en semi-autonomie la Seine et Marne du Nord au Sud en moins de 52h.
 
 
Arrivé à la base de Jablines, il n'a pas fallu 5min pour préparer le vélo et le bonhomme. Départ un à un après un petit passage avec le speaker et me voilà lancé. La boule au ventre et la décision de me préserver le plus longtemps possible, pas question de pédaler comme un fou.
 
Au bout de 2km à peine un participant roulant en solo, a accroché mon sillage et nous avons fait le début de parcours ensemble. Il avait loué un gravel pour l'occasion. Ce fut une idée moyennement bonne.
 
La partie de Jablines à Fublaines se déroule sans encombre. Nos premières complications arrivèrent avec le passage sur la Dhuis. Avec la pluie tombée la veille, c'était bien bien gras. Des engins élaguaient et tronçonnaient aux dessus de Signy-Signet. Le sol étaient jonché d'herbes fraichement taillées qui s'accrochaient avec une facilité déconcertante aux cadres. En m'approchant d'un engin, focalisé sur ce danger,  la première cascade de la journée ne se fit pas attendre.
 
La roue de mon gravel Revolt se planta net dans cette glaise grise et grasse, réception sur les mains qui s'enfoncèrent net jusqu'au poignets. Je me redressa rapidement mais mes chaussures disparaissaient jusqu'à la cheville dans cet amas argileux. Le vélo avait tout autant l'air pitoyable : le poste de pilotage était d'un blanc gris des plus repoussants, idem pour la selle. Le smartphone tel un Titanic, sombrait tragiquement après avoir valdingué du cintre. Après avoir sacrifié un cache-cou pour ôter le gros de la glaise, nous reprîmes notre chemin.  En-tête, je n'avais qu'une idée : me nettoyer car 250km crotté comme cela, ce ne sera pas possible.
 
Il ne fallut pas attendre bien longtemps pour la seconde cascade dans la première belle descente dans les graviers. J'étais à la limite de l'imprudence mais mon compagnon me surpris par sa témérité qui fut hélas fatale. C'est aussi là que le tragicomique commença.
 
Crevaison à l'avant en bas de la descente. il commence à galérer à démonter son pneu littéralement collé à la jante. Ses démontes pneus étaient très aussi utiles que des bâton de sorbet pour attaquer une paroi de glace. Je lui prêta gentiment mes démonte-pneus éprouvés sur toutes mes pneus tubeless. Puis j'en vins à réaliser l'opération moi-même lorsqu'il me demande tout penaud "tu sais faire ça toi". Cela nous a bien pris 10min à deux pour désolidariser pneu et jante. Il repris le flambeau pour poursuivre sa réparation. Quelle ne fut pas mon désarroi lorsqu'il gonfla assez maladroitement avec sa pompe rutilante et terriblement trop complexe une chambre à air inadaptée à son gros pneu.
Bon samaritain,  je lui donne ma chambre à air et lui prête ma pompe plus facile à utiliser. le sort s'acharna sur nous cependant. A peine remonté la roue avant, qu'il constate que le pneu arrière a tout autant pris cher de son audace. Bis repetita, à la différence que cette fois il mit des rustines autocollantes dernier cri. Après un bon 3/4 d'heure de maintenance où 7 autres participants nous dépassaient, nous repartimes pour nous arrêter 500m plus loin, dans la montée Paradis. Les rustines autocollantes étaient une invention bien trop compliquées pour sa crevaison. Je profitais encore un peu de sa compagnie en me débarbouillant au lavoir à proximité avant de le quitter sous ses recommandations.
Tout mon programme de pause et ravitaillement était chamboulé : adieu resto japonais que je n'ai pu atteindre a temps.
 
J'ai encore aidé un participant à la Ferté Sous Jouarre pour trouver le Checkpoint qu'était la mairie, quitte à prendre du retard, un plus ou un peu moins … Après je me mis à garder une vitesse de 19-19,5 km/h pour la suite du parcours, en espérant trouver une boulangerie ouverte sur le parcours, mais ce ne fut nullement le cas.
 
Arrivée à Provins à 15h je m'arrêta sur la Place du Chatel et succomba à un repas gras mais réconfortant : saucisse et frites. Nouveau rebondissement avec l'apparition de mon "boulet" (il s'était autoproclamé ainsi à Signy-Signet mais bon il avait de bonne jambes pour me rattraper) aux roues totalement réparées. Il avait appelé un taxi pour rallier un vélociste afin de reprendre le périple. Nous reprîmes la route et avec comme objectif d'atteindre le Checkpoint - Restaurant de 200Km avant 21h.
 
Notre vitesse de croisière monta rapidement à 20km/h et nous arrivâmes vers 19h au resto. Encore un repas réconfortant mais plus équilibré: Pizza et fruits. 
 
Après monté sur le vélo le nécessaire en éclairage (2 lampes sur le cintre, 1 sur les rayons, une frontale et une lampe arrière), je me rendis compte de l'épée de Damoclès qui risquait de s'abattre sur moi. Cette bonne heure et demie de déboire du matin, c'est d'autant de temps d'autonomie d'éclairage à avoir pour attaquer la nuit. Un luxe que je n'avais guère prévu. Nouveau rebondissement de mon compagnon qui m'annonça s'arrêter dormir sur Fontainebleau, il avait tenu avec moi mais commença à manquer de ressources. Il faut dire que nous avions eu une très bonne cadence depuis Provins et qu'il n'avait pas pu prendre de relais, me laissant pousser au maximum sur la route. 
 
J'ai profité de sa compagnie éphémère et de son éclairage pimpant et performant pour économiser au maximum mon matériel : lumière au minimum et limitation au strict minimum pour le smartphone. J'ai eu aussi la présence d'esprit de vider en premier la lampe rechargeable avant de prendre la seconde non-rechargeable. J'ai mis en charge sur la power Bank la lampe rechargeable, au  détriment de mes téléphones et de ma montre GPS. L'idée fut excellente surtout que  mon compagnon m'annonça que sa power Bank était presque morte et qu'il ne pouvait plus recharger ni son GPS ni son téléphone. Vivement Fontainebleau en somme pour qu'il puisse tout recharger.
 
 Après l'avoir laissé, je roulais prudemment en ménageant eau et batteries. J'avais mis en marche le second GPS pour m'assurer de rentrer dans les bonnes conditions. J'ai eu malgré quelques soucis pour trouver le bon itinéraire lorsque les changements de direction étaient successifs sur les petites portions de forêt.  Je m'arrêtais ça et là pour boire de l'eau fraîche mais pas tout le temps potable et pour une petite sieste de 20min devant le château de Vaux le vicomte sous une magnifique lune. Rouler de nuit, à ce coté grisant de ne pas voir la difficulté, de rencontrer peu de voitures sur les portions où j'aurais dû redoubler d'attentions. La cerise sur le gâteau étant de  croiser les biches dans les phares du vélo.
La longue portion forestière des Chapelles-Bourbon à Villeneuve le Comte était quelque peu usante après tant d'heure de selle. J'en avais quand même assez de cette boue qui collait à mes pneus et m'empêchait de prendre de la vitesse. La traversée de Bailly-Romainvilliers et Magny le Hongre fut une délivrance en somme.
 
A 4km de l'arrivée ma montre GPS a cessé de fonctionner faute de batterie, vive le GPS de secours.
 Téléphones (2 valent mieux qu'un) et dernières lampes étaient à moins de 15% d'autonomie.
 
Je suis satisfait de mon premier 300km : riche en enseignements et rebondissements. Côté physique cela reste dur mais pas insurmontable. J'ai bien fait de rouler très souvent sur mon petit plateau afin de faire travailler plus sur le coeur plus que les jambes. Preuve en est, j'ai pu rouler dimanche sans soucis et faire un petit tour de 67km en VTT
 
Merci à mon vélociste préféré Cycles Richard pour la réparation de dernière minute le mardi précédent ainsi qu'à Jérôme et Guillaume qui m'ont prêté du matériel : lampe supplémentaire et GPS.